Cela ne va certes pas révolutionner l’industrie textile française. Mais c’est quand même une bonne nouvelle. Tricotage des Vosges, plus connu sous sa marque Bleuforêt, a lancé ces dernières semaines une nouvelle ligne de collants transparents haut de gamme, ce qu’on appelait avant les bas nylons. Cela faisait des années que ce type de produits avait déserté nos ateliers. En l’occurrence, ils sont fabriqués dans l’usine de Vagney où l’entreprise familiale tricote déjà ses chaussettes, avec du fil français, venant de Normandie et de la Drôme.

Et le démarrage est convaincant : la PME vosgienne a déjà écoulé plus de 300.000 collants dans la grande distribution. “J’ai pensé à relancer une fabrication française lors d’un voyage au Japon, raconte le président de Tricotage des Vosges, Jacques Marie. Depuis trois ans déjà, la mode féminine est de montrer ses jambes. Cela est aussi le cas en France”. La plus belle illustration étant donnée par Brigitte Macron, la première dame, qui porte volontiers des robes au dessus du genou.

Ironie de l’histoire, Jacques Marie a présidé dans le passé DIM. Puis fin 1994, il a racheté l’usine de Vagney, alors vouée à la fermeture. En modernisant l’outil, il avait réussi à sauver cette activité historique dans l’est de la France. Puis en 2010, il avait racheté la marque de chaussette Olympia, alors en liquidation judiciaire. Aujourd’hui, Tricotages des Vosges réalise 23 millions d’euros de chiffre d’affaires et produit 6 millions de paires de chaussettes ou leggings par an. Elle a aussi permis de créer 240 emplois pérennes dans le textile.

Ouvrir cette nouvelle ligne de fabrication de collants transparents en polyamide/lycra n’a toutefois pas été si facile. “Il a fallu investir dans des métiers à tisser spéciaux (au total 1,5 million d’euros) et faire revenir des bonnetiers qui avaient les compétences techniques”, raconte le président Jacques Marie, qui a cédé la direction opérationnel à son fils Vincent. Il a aussi fallu valider le fait qu’une production made in France pouvait être compétitive sur ce créneau. La gamme (de 6 à 10 euros), vendue sous marque Bleuforêt, ayant rencontré un bon accueil, les capacités de production vont être encore augmentées l’an prochain. Cocorico !

Avec capital